Le chat envoyé quelque chose, le chat sait. Je me prépare. Mes yeux balayent toutes ces choses aussi familières que la poussière. Je me sépare. Je laisse tout comme ça. Sans sortir la poubelle, sans fermer les volets, sans embrasser ma mère.
Tout simplement, je m’en vais.

Ce soir, j’ai plié bagage avant le jour. J’ai attendu que la maison dorme, je descends les escaliers dans le noir et ouvre la porte de derrière, laisse sortir le chat, passe par le jardin, passe par les troènes …
Ensuite j’allume une cigarette et regarde sur la fenêtre des parents les flash épileptiques de la télévision.
ça y est. J’ai quitté la maison.

J’ai oublié les parents dans leur sommeil. Pour suspendre le temps, j’ai tué les parents. Le temps n’a plus de prix, à présent, il n’y a plus que le présent.
Leurs corps disparaissent avalés par l’oubli. Le matin se lève, la maison est engloutie par la brume.

Le chat s’est enfuit. Dans les feuillages, il est redevenu sauvage
et dans ses yeux la lune pleine, étrange éclipse ce regard!
Je m’en vais, je prends le grand de la nuit, je prends le silence par la main et je m’en vais, courageuse et lâche.

  • Titre "Les fugueuses" et "L'incendie"
  • Médium encre de chine et encre blanche sur papier coloré
  • Taille 21x14,8 cm
  • Date 2018